Quand l’art de Limouse avait conquis l’estime de Sacha Guitry…
Quand l’art de Limouse avait conquis l’estime de Sacha Guitry…
© Société Baudelaire



Veuille l’État s’arrêter devant les toiles de Limouse. Elles sont dignes du Luxembourg.
             Louis Vauxcelles, 1935


Les véhémences et les brutalités de sa palette, la richesse de ses accords aux amples aplats éclatants, ses coups de pinceaux fougueux, qui semblent vouloir arracher les objets aux limites du tableau, contrastent avec la modestie et le calme du peintre. L’analyste, devenu professeur de perspective esthétique à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, poste créé pour lui, passe des heures entières à décomposer un tableau et à en recomposer l’anatomie avec une science dont fort peu de peintres possèdent aujourd’hui le dixième ; aussi quand il « parle peinture », Limouse donne-t-il vraiment l’impression d’être allé au fond, de connaître ses problèmes, d’avoir éprouvé les mystérieux détours de la création.
            Pierre Cabanne, 1963


Limouse et Baudelaire, deux phares d’une intuitive et phénoménologique attirance, ce, depuis 1919 et jusqu’à la quatre-vingt onzième année du peintre en 1985. Des centaines de dessins, toiles, esquisses, lavis, échelonnés sur près de soixante-dix années, n’est-ce pas là un exploit sans précédent dans l’histoire de l’art ? C’est à l’Université d’Oxford qu’est revenu l’honneur de révéler les impressionnants chefs-d’œuvre de l’artiste baudelairien. Les lourdes mélancolies du poète, Limouse les a traduites avec un accent de vérité absolument grandiose, sensible à cette transcendance qu’après son illustre modèle, il découvrit en lui. Il a été tour à tour véhément, flagellant, coruscant, superbement inspiré. Nous touchons là à des envolées lyriques d’irréprochable élégance.
André Weber, 1985



Quelques célébrités qui, dans les années 60, signèrent le livre d’or de Limouse.
Quelques célébrités qui, dans les années 60, signèrent le livre d’or de Limouse.
© Société Baudelaire


Je me souviens d’une immense toile de lui, comme personne aujourd’hui n’ose en affronter, qui était accrochée dans une des salles d’un Salon d’Automne des années 70. C’est une toile qui remuait et qui retentissait comme un orchestre de cuivres. J’imaginais que les visiteurs du Salon avaient éprouvé le même choc devant « La Mort de Sardanapale » de Delacroix, ou « Le Radeau de la Méduse » de Géricault. Je ne compare pas ces œuvres pour leurs rapports plastiques parce que trop de choses se sont passées en peinture depuis le romantisme pour que Limouse apparaisse comme un disciple attardé de ce mouvement. Je remarque seulement que j’ai ressenti devant ces trois tableaux une émotion grandiose et poignante. Elle ne devait rien à une description détaillée des personnages ni à une attitude sentimentale ou déclamatoire mais uniquement à une tonalité générale de puissance et de drame tout ensemble. C’est uniquement par le choix des dominantes plastiques et par la composition particulière donnée à chaque toile que notre esprit et nos sens étaient vigoureusement mobilisés dans cette direction.
Pierre Mazars, 1984


Une rétrospective des œuvres de Limouse serait un événement exceptionnel.
Le général de Bénouville1993