LIMOUSE
(Collo, Algérie, 1894 — Paris, 1989)



Limouse, le « rapin » de 25 ans, portraituré
Limouse, le « rapin » de 25 ans, portraituré peu après son arrivée
à Paris par un camarade de l’Académie Julian.
© Société Baudelaire



◆ 1919 → 
Limouse reçoit une formation de peintre à l’Académie Julian et à l’École Nationale des Beaux-Arts, d’humaniste au travers de ses recherches sur Montaigne, Érasme et Pic de la Mirandole et d’exégète de Baudelaire grâce aux relations qu’il entretient avec les proches de Barbey d’Aurevilly et grâce aussi à son étude des archives de la Société Baudelaire, http://societe-baudelaire.wikispaces.com/ , et de la plupart des livres et articles qui seront répertoriés par W.T. Bandy.



Le poète Victor-Emile Michelet, portraituré par Limouse
Le poète Victor-Emile Michelet, portraituré par Limouse qu’il parraina
auprès des derniers intimes de Barbey d’Aurevilly.
© Société Baudelaire



La cour à Saint-Germain-des-Prés sur laquelle donnaient le siège de la Société Baudelaire
La cour à Saint-Germain-des-Prés sur laquelle donnaient le siège de la Société Baudelaire,
où se réunissait le Comité directeur et le pavillon de Natalie Barney, 
où se rencontraient les membres du Comité d’honneur.
© Société Baudelaire



◆ 1940 → 
Le combat de Limouse contre la barbarie forcera l’estime de grandes figures de la Résistance, tels que le général de Bénouville, Jacques Soustelle ou Vercors. Sous l’Occupation, par ailleurs, il reçoit les confidences de Coco Chanel qui deviendra son mécène et, en 1957, l’instauratrice du Musée Limouse des Fleurs du Mal à Roquebrune-Cap-Martin. En 1984, ce musée privé dédié au dandysme baudelairien, interprété par le peintre et décoré par Chanel, sera présidé par Malcolm Muggeridge — http://www.baudelaire-chanel.com/ , http://www.chanel-muggeridge.com/ .


 
Deux grandes figures de la Résistance, Jacques Soustelle, serrant la main de Limouse
Deux grandes figures de la Résistance, Jacques Soustelle, serrant la main de Limouse et,
à sa gauche, le général de Bénouville. Leur aversion pour le nazisme et l'antisémitisme 
les avaient rapprochés de Limouse en dépit de sa veine anarchiste.
© Société Baudelaire



Le souvenir de Limouse ravivé en 1984 par Vercors.
Le souvenir de Limouse ravivé en 1984 par Vercors. En 1955, il avait approuvé
la vaine initiative de l'artiste de déjouer une subtile manœuvre de Céline.
© Société Baudelaire



◆ 1948 → 
Limouse, président de la Société Baudelaire, invite Sartre à contribuer au Dictionnaire de la Société. Cette contribution sera la genèse d’une enquête menée par le philosophe jusqu’en 1951, d’où Raymond Duncan, à l'insu de Sartre,  tirera la sélection, l’ordre, la numérotation et les divisions d’une nouvelle édition des Fleurs du Mal « établie par Jean-Paul Sartre ». L’édition non autorisée par Simone de Beauvoir, mais cautionnée par Limouse et publiée en 1955 par l’Akademia Duncan, orientera en 1993 l’inauguration par Ellen Wright (avec le consentement préalable de Simone de Beauvoir accordé en 1980) de la Salle Sartre - de Beauvoir du Musée Limouse des Fleurs du Mal à Chester, Angleterre.



L’éditeur des comptes-rendus des débats de la Société Baudelaire, Raymond Duncan
L’éditeur des comptes-rendus des débats de la Société Baudelaire, Raymond Duncan,
à l’imprimerie de son Akademia, rue de Seine, où il avait conféré une forme inédite
aux caractères que portaient les blocs de bois et de métal de sa presse à bras.
© L. Duncan-Seligmann



L’avertissement à l’édition des « Fleurs du Mal » de 1955, non autorisée par Simone de Beauvoir
L’avertissement à l’édition des Fleurs du Mal de 1955, non autorisée par Simone de Beauvoir
et reposant sur les conclusions de l’enquête que le philosophe mena de 1948 à 1951
dans le cadre de sa contribution au Dictionnaire de la Société Baudelaire.
© L. Duncan-Seligmann



◆ 1949 → 
Encouragé par Albert Camus et Jean Amrouche, Limouse conçoit la première biennale internationale d’art en France. Destinée à éveiller les peintres à une thématique empruntée aux Fleurs du Mal et à une esthétique que Baudelaire, le critique, n’eût pas désavouée, la Biennale ne résistera pas à l’omnipotence lucrative de la néantisation avant-gardiste et, en 1978, elle passera de vie à trépas.



Le parrainage de quelques célébrités qui infléchirent l'orientation baudelairienne de la Biennale conçue par Limouse.
Quelques membres du comité de parrainage de la première biennale d'art en France
conçue par Limouse, un comité qui s'empressa d'infléchir l'orientation
baudelairienne de l'événement par crainte d'être taxé de passéisme.
© Société Baudelaire



Le cubiste Jacques Villon, vénéré par les modernistes
Le cubiste Jacques Villon, vénéré par les modernistes et néanmoins partisan
d'une restauration du projet baudelairien de Limouse pour la Biennale.
© Société Baudelaire



Encouragé par Graham Sutherland une dizaine d’années auparavant, Limouse cherchait déjà à instituer sa biennale baudelairienne en Angleterre. En 1987, la ville de Chester avait été pressentie par l’artiste pour accueillir ce qui eût été la première biennale d’art en Angleterre. Malgré l’appui de l’URSS, officialisé par l’UNESCO en 1990, les souhaits de Limouse seront déçus après qu'il aura décliné de répondre du financement de l’événement international, ce que présupposait Chester.

Le logo imaginé par Limouse désireux de donner une réalité graphique à son projet baudelairien pour une biennale en Angleterre
Le logo imaginé par Limouse désireux de donner une réalité graphique à son projet  pour
une biennale baudelairienne en Angleterre, un projet loué par les universitaires d’Oxford
en 1985, mais irréalisé en raison des exigences des notables de Chester ;
un projet, auquel pourtant s’étaient ralliés des philosophes,
tels que Vladimir Jankélévitch en 1982, voire les gouvernants de l’URSS en 1990.
© The Baudelaire Society and Limouse Foundation Limited



◆ 1987 → 
Inauguration par le duc de Westminster du Musée Limouse des Fleurs du Mal à Chester, en présence de l’artiste âgé de 93 ans, où sera assemblée une collection inédite dans l’histoire de l’art ; inédite, en ce qu’elle est le fruit de sept décennies de créativité sur Les Fleurs du Mal par un peintre exégète du poète ; inédite parce qu’en outre, elle tire sa source des milliers de débats soutenus à partir des idées de Baudelaire. En effet, les archives dépouillées par Limouse et les discussions auxquelles il participa  au siège de la Société, rue Jacob, durant plus de six décennies avaient inéluctablement entraîné une interpénétration de l’histoire de sa collection et de celle du Saint-Germain-des-Prés des Baudelairiens de 1872 à 1973. Une collection inédite enfin parce qu’elle innove en matière d’exégèse baudelairienne en étendant le champ des hypothèses émises par Nietzsche et Walter Benjamin sur les dons prophétiques de Baudelaire, exclusivement examinées jusqu'alors dans le cadre de « Fusées XV ».

En dotant Baudelaire, l’auteur des Fleurs du Mal, de ce pouvoir surnaturel, la peinture de Limouse a offert au XXe siècle le regard clairvoyant du poète.



Le Musée Limouse des Fleurs du Mal à Chester
Le Musée Limouse des Fleurs du Mal à Chester où, de 1987 à 1993, fut exposée la collection de la Salle Westminster
que l’artiste consacra au dandysme baudelairien et, jusqu’en 2001, celle de la Salle Sartre — de Beauvoir,
inaugurée par Ellen Wright et liée à l’histoire de l’enquête de Sartre sur Les Fleurs du Mal.
© The Baudelaire Society and Limouse Foundation Limited



Limouse, en compagnie de Lady Clark, née Nolwen de Janzé, la veuve de l'historien d'art britannique Lord Clark of Saltwood
Limouse, en compagnie de Lady Clark, née Nolwen de Janzé, la veuve de l'historien d'art britannique Lord Clark of Saltwood (Kenneth Clark), l'inspirateur du premier catalogue raisonné des interprétations de Limouse relatives au dandysme baudelairien, complété, par la suite, par le général de Bénouville et Isée St. John Knowles.
© The Baudelaire Society and Limouse Foundation Limited



Le logo imaginé par Limouse désireux de donner une réalité graphique à son projet baudelairien pour une biennale en Angleterre
Limouse, l’exégète de Baudelaire.
© Société Baudelaire